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17 novembre 2017

Accident de voiture (3 morts & 2 blessés)

Dans un accident de voiture, dimanche 5 novembre en fin de matinée, en sortant de l’A86 à une vitesse supérieure que celle autorisée, 3 jeunes de Colombes sont morts et 2 sont gravement blessés. Ils vivaient aux Fossés-Jean.

Avec la communauté de St Etienne St Henri, nous prions pour eux, pour leurs familles et leurs amis.

France 3

Le Parisien

1) Homélie pour la célébration pour Steven (14.11.2017) :

Lorsqu’un enfant naît, c’est une joie pour ses parents de l’accueillir, de le voir grandir, aller à l’école, se faire de nouveaux amis. Comme nous tous, Steven a cherché à être heureux. L’amitié et l’amour nous font vivre de belles aventures que nous n’aurions jamais osées seuls. Voici de beaux idéaux que l’on peut réaliser quand on l’a décidé, sans attendre demain, 10 ans ou la retraite. Et voilà que, pour Steven, par cet accident de voiture, ce dimanche 5 novembre, avec ses 4 autres copains, tout s’est arrêté : le moins bon, mais aussi le meilleur !
Nous ne pouvons pas nous habituer à la mort d’un fils, d’un frère ou d’un ami ? âgé de 20 ans !
On peut se poser des questions, se révolter. Quel sens tout cela a-t-il ? Je n’en sais rien. Je pense même que Dieu est déconcerté. Quoiqu’il en soit, cela ne ramènera pas Steven à la vie.
Dans le monde, des personnes ne croient pas en Dieu. Certaines disent : « Ce n’est pas possible. Si Dieu existait, il n’y aurait pas tout ce mal. S’Il existait, Il empêcherait la mort des petits enfants, des innocents. Il empêcherait que des parents enterrent un de leurs enfants … Sinon, comment peut-Il accepter que la graine qui avait fait ses racines et commencé à pousser, à se fortifier, à entrer dans la vie adulte, meurt à quelques centaines de mètres de chez lui ? »
La foi des chrétiens n’est pas une assurance de traverser une vie toute rose, sans épreuve ni difficultés. La foi des chrétiens aide à traverser les grandes questions de la vie terrestre que tout être humain se pose un jour ou l’autre. Elle ne donne pas forcément une réponse à toutes les questions. Elle ne dit pas tout ce qu’il faut faire. Elle exige que l’on soit responsable de sa vie, de ses paroles, de ses actes. Entre la logique de mort, et celle de la vie, elle invite à choisir la vie. Elle aide à ouvrir une porte dans une voie qui paraissait sans issue, à attendre l’aube et le jour nouveau lorsque l’on est dans la nuit, à être attentif à la venue du printemps après l’hiver. Je ne sais pas pourquoi cela est arrivé. Ce n’est pas Dieu qui punirait ! Peut-être cela nous sera-t-il donné de comprendre plus tard. Peut-être.
Quand on est jeunes, on a l’impression que l’on est tout puissant, que rien ne nous atteindra. Pourtant, nos vies restent fragiles : il suffit de peu pour qu’elles s’arrêtent. Ici, c’est la vraie vie : ce n’est pas comme dans les jeux vidéo où après être mort, on a une nouvelle chance, où on peut recommencer une partie à zéro. Si nous devons retenir quelque chose de la mort de Steven, d’Ali et Marvin, c’est bien cela que nous devons retenir, que nous croyions en Dieu ou non, que nous soyons musulmans, juifs ou chrétiens, la vie est une chance à saisir, la vie est belle si on choisit d’être dans la logique de beau, de la vérité, de tout ce qui aide à grandir, la vie est difficile et ressemble parfois à un défi auquel faire face, la vie se construit jour après jour car c’est un combat où rien n’est jamais gagné d’avance, la vie est une aventure qu’il faut oser. En fait, la vie est un cadeau : elle est précieuse. La vraie question est celle-ci : "A quel niveau vivons-nous ? A quel niveau aidons-nous les autres à vivre ?"
Pourtant, nous ne sommes pas les premiers à traverser ces questions. Souvenons-nous des amis les plus proches de Jésus et de sa mère qui l’ont vu souffrir, agonir et mourir sur la croix. Nous avons tous en tête une représentation artistique d’une Piéta, où Marie, assise, porte le corps mort de Jésus.
Le Dieu des chrétiens est un Dieu inattendu. Alors que, visiblement, on a l’impression que Jésus est abandonné par tous, y compris de Dieu au Ciel, il est en fait descendu sous terre pour aller chercher tous ceux qui avaient cru et espéré en la venue du Messie. Alors que toute la belle aventure que Jésus venait de vivre avec ses apôtres semblait se terminer de façon tragique sur la croix, en fait tout allait continuer et prendre une dimension nouvelle par la nouvelle vie que Dieu lui a donnée. La mort fut un temps d’une nouvelle fécondité. Rien ne dit que cela ne soit pas le cas pour d’autres, quel que soit leur âge. La résurrection de Jésus, son réveil du sommeil de la mort, sa vie nouvelle après sa mort, cela veut dire que celle-ci n’est pas le dernier mot de notre histoire. Et c’est ce que Jésus a promis et que nous espérons pour Steven. Car Il ne nous trompe pas. Les apôtres sont passés du repliement de leur groupe à l’ouverture au monde et à l’universel. Ils sont passés de l’abattement et la tristesse à la joie, de l’incompréhension au sens, car Jésus est vivant. Et il l’est toujours.
Au-delà de ce que nous aurions pu imaginer. Par la suite, Dieu n’a pas abandonné les apôtres. Il leur a donné son Esprit d’Amour, l’Esprit qui peut faire toute chose nouvelle, qui fait vivre autrement.
Si la mort est un passage, ce qui peut nous effrayer dans la mort d’un autre, c’est que nous prenons conscience de notre propre mort. Il subsiste une part d’inconnu. Nous avons un cœur. C’est le lieu de nos sentiments, où nous prenons nos grandes décisions. C’est lui qui bat et irrigue tout notre corps. C’est grâce à lui que nous aimons. Garder Steven dans notre cœur, lui qui ne supportait pas la médiocrité ni l’injustice, l’aimer, transcende alors les frontières entre la vie et de la mort. Car l’amour et l’amitié continuent par-delà la mort, même si les modalités sont différentes. Gardons de lui le meilleur, notamment sa générosité et son attention aux autres.
Le frère de Marthe et Marie, Lazare, est mort. Un fils, Steven, est mort. Une foule est venue entourer sa mère, ses frères et sœurs. Depuis plusieurs jours, et aujourd’hui encore, nous sommes venus nombreux pour les entourer de notre amitié et de notre affection. Jésus a rejoint les deux sœurs et leurs amis. En ce début d’après-midi, Jésus nous rejoint et se fait proche de nous, avec toutes les questions que nous avons dans le cœur. Jésus a pleuré son ami Lazare. Nous avons pleuré aussi en apprenant la mort de Steven. A l’affirmation de Jésus ’Ton frère ressuscitera’, Marthe répond ’je sais qu’il ressuscitera’. Et nous qu’allons-nous répondre ?" La mort de Steven, de Marvin et d’Ali va-t-elle nous faire ouvrir les yeux ?
Ce qui peut nous réconforter et nous aider à vivre le départ de Steven, c’est de croire qu’il a été accueilli par tous ceux et celles qui l’ont précédé, dont ceux de sa famille qui sont déjà au ciel, auprès de Dieu l’unique Créateur qui est aussi miséricordieux. D’ailleurs, sans doute, feront-ils partie, un jour, de ceux et celles qui nous accueilleront lorsque ce sera notre heure, dont son père. Steven a pu découvrir comment vivre comme disciple et ami de Jésus, à servir les autres.
Prenons quelques instants de silence pour aller chercher dans notre mémoire une discussion ou une rencontre que nous avons pu vivre avec Steven et que nous voulons garder bien précieusement dans notre cœur et notre mémoire. Et réconfortons-nous les uns les autres.
1 Th 4, 13-14.17d.18 ; Ps 22 ; Jn 11, 17-27
P. Olivier Joncour

2) Homélie pour la célébration pour Marvin (17.11.2017) :

Il est normal qu’avec la mort accidentelle de Marvin nous soyons tristes, que nous pleurions, car sa vie fut trop courte avec de belles choses et aussi des bêtises.
Nous ne pouvons pas nous habituer à la mort d’un fils, d’un frère, d’un voisin ! On peut se poser des questions, se révolter. Quel sens tout cela avait-il ? Je n’en sais rien. Je pense même que Dieu est déconcerté. Quoiqu’il en soit, cela ne ramènera pas Marvin à la vie.
Mercredi après-midi, en rencontrant sa maman avec Annick, nous avons été étonnés et surpris : cette maman que nous imaginions abattue était en paix, que nous pensions révoltée était debout. Cela m’a fait penser à ce qu’écrit St Paul dans la 2° lettre aux Corinthiens où il écrit : « ce trésor, nous le portons comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. » (2 Co 4, 7-9)
Tout ce que Marvin a vécu de bien et qui fait grandir ne se termine pas. Chacun à notre manière, nous pouvons poursuivre ce qui était positif et important pour lui. Pour ceux qui mettent leur confiance en Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, il y a aussi cette espérance en la résurrection des morts, sinon notre foi est vide.
Que l’on soit baptisé ou non, il y a des grandes questions que tout être humain se pose un jour : d’où est-ce que je viens ? la vie est-elle apparue par hasard sur terre ou Dieu y est-il pour quelque chose ? Quel sens est-ce que je peux donner à ma vie ? Que pouvons-nous espérer ? Qu’est-ce qu’« aimer en actes et en vérité » (1 Jn 4) ? Qu’est-ce que rend heureux ? Ces grandes questions, la philosophie et les trois monothéismes y apportent des repères et des réponses.
Dans l’histoire que Jésus raconte, le critère qu’il donne, ce n’est pas le baptême ou non, ce n’est la foi en Dieu, ni l’âge, ni la beauté, ni l’argent. Le critère du jugement que Jésus donne, c’est l’attention à l’autre qui vit une situation de manque : celui qui a faim, qui a soif, qui est nu, malade ou en prison. Jésus révèle que dans un acte simple, banal, quotidien, presque anodin, « normal ou naturel » diront certains, si on y met de l’amour et de la bienveillance dès l’intention, dès le départ, dans la décision que nous prenons dans notre cœur, nos paroles et nos actes peuvent avoir une portée bien plus forte que nous ne le pensions en les disant et en les faisant. L’ordinaire peut en fait avoir une dimension extraordinaire. Ce qui est visible et très concret peut en fait rejoindre l’invisible. Ce qui est inscrit dans le temps peut avoir déjà un parfum d’éternité. St Jean l’écrit à sa manière dans sa première lettre : « Celui qui aime est déjà passé de la mort à la vie » (1 Jn 4) Jésus demande d’être attentifs et porter son attention aux personnes en situation de manque : et l’on peut toujours être le pauvre de quelqu’un d’autre. A combien de personnes Marvin a-t-il fait du bien, à tant de personnes dans son quartier et son voisinage. Nul ne le sait. Lui non plus. Quand on aime, on ne compte pas. On ne tient pas compte une liste. A la fin, une seule question nous sera posée : « As-tu aimé ? » « As-tu aimé ? »
C’est ce que Marvin, par l’éducation qu’il a reçue de sa maman, qui l’a bien élevée lui a-t-il dit à plusieurs reprises malgré les bêtises qu’il pouvait faire
Si la mort est un passage, ce qui peut nous effrayer dans la mort d’un autre, c’est que nous prenons conscience de notre propre mort. Il subsiste une part d’inconnu. Nous avons un cœur. C’est le lieu de nos sentiments, où nous prenons nos grandes décisions. C’est lui qui bat et irrigue tout notre corps. C’est grâce à lui que nous aimons. Garder Marvin dans notre cœur, l’aimer, transcende alors les frontières entre la vie et de la mort. Car l’amour et l’amitié continuent par-delà la mort, même si les modalités sont différentes. Gardons de lui le meilleur.
Ce qui peut nous aider à vivre le départ de Marvin, c’est de croire qu’il a été accueilli par tous ceux et celles qui l’ont précédé, dont ceux de sa famille. D’ailleurs, sans doute, feront-ils partie, un jour, de ceux et celles qui nous accueilleront lorsque ce sera notre heure.
Prenons quelques instants de silence pour aller chercher dans notre mémoire une discussion ou une rencontre que nous avons pu vivre avec Marvin et que nous voulons garder bien précieusement et garder dans notre cœur et notre mémoire. Et réconfortons-nous les uns les autres.
Rm ; Ps 22 ; Mt 25, 31-40
P. Olivier Joncour

P.-S.

Nous avons déjà prié plus spécialement

+ mercredi 8.11 à 20h30, pendant l’adoration du St Sacrement ;

+ samedi 11.11 à 10h30, à l’occasion du chapelet

+ dimanche 12.11 à 9h30 pendant la messe


La célébration des obsèques de Steven B, a eu lieu mardi 14 novembre à 14h00*et celles de Marvin Vendredi 17.11 à 14h à l’église St Pierre St Paul de Colombes.