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18 juin 2020
Administrateur SacreCoeur

Le Lien n°111 (Juin 2020)

Éditorial par le père Juan « Confinement et déconfinement… »

Nous venons de vivre une période difficile pour tous. Du jour au lendemain, nos vies, nos routines, nos habitudes ont été bouleversées comme l’on ne l’avait jamais expérimenté auparavant. Le confinement s’est imposé pour lutter contre la propagation de la Covid-19. Il nous a fallu trouver des solutions, nous débrouiller pour répondre à la nouvelle situation, s’adapter à la vie familiale dans une proximité pas toujours simple, veiller à la poursuite de l’enseignement scolaire, travailler de manière différente, essayer de combler la coupure brutale de nos relations sociales et communautaires. Qui pouvait imaginer que pour sortir de chez soi nous devrions signer une déclaration de déplacement dérogatoire par exemple ? Chacun pourra relire son vécu personnel et familial.
Autant le virus ne faisait et ne fait toujours pas de distinction entre les uns et les autres, autant les possibilités économiques et sociales ont déterminé les conséquences plus ou moins douloureuses dans les différents foyers. C’est pourquoi bien des initiatives de solidarité et d’entraide se sont développées dans tous les milieux. Beaucoup de personnes ont écrit leurs réflexions, récits ou analyses de leur vécu et/ou de la situation. Des expériences à ne pas oublier. Des expériences à mettre à profit pour essayer de vivre mieux « l’après-pandémie ».
Nous voilà donc en plein déconfinement, mais le virus continue à affecter d’autres régions de la planète. Pour nous, la machine se met en marche progressivement, pourtant nous, nous ne sommes pas à l’abri de conséquences économiques qui peuvent s’avérer désastreuses. La pandémie nous fera-t-elle changer notre manière de vivre, d’organiser la société, de prêter attention aux besoins des plus démunis ? Changera-t-elle l’échelle des valeurs de telle manière que le budget des hôpitaux publics deviendra plus important que la vente d’armes aux pays en conflit ? La préoccupation écologique prendra-t-elle la place qu’elle mérite, pour éviter dans l’avenir d’autres menaces à la vie humaine ? Les interrogations sont nombreuses...
Sur le plan spirituel aussi, l’expérience est inédite. Nous avons vécu la fin du Carême, la Semaine Sainte, Pâques, tous les dimanches du temps pascal et l’Ascension, sans la possibilité de nous réunir en communauté. Cela nous a peut-être permis de vivre l’expérience de « l’église domestique », à la maison : méditer la Parole, suivre les célébrations sur Internet, être les catéchistes de nos propres enfants, prier pour nous et pour les autres, être en communion spirituelle, nous soutenir mutuellement grâce aux moyens de communication disponibles, aider, autour de nous, ceux qui sont dans le besoin.
Nos célébrations reprennent peu à peu, en respectant les consignes sanitaires. Veillons à être attentifs à la suite des événements et à prendre soin les uns des autres. Essayons d’être inventifs pour faire face aux éventuelles difficultés à venir. Toutes les initiatives sont bienvenues. Que ce temps d’été nous permette de reprendre des forces pour continuer à vivre notre foi dans la communauté et dans la société.

P. Juan

Le Lien … entre nous Témoignages : des expériences vécues pendant le confinement

D.D. (Étudiante 28 ans) - « Le confinement, au début, a été difficile pour moi. Avec un sentiment d’étouffement, d’oppression, dans l’appartement que je partage en colocation.
Sur le plan des études, l’université n’ayant pas changé ses exigences, il a fallu que je m’organise de façon très stricte, en étant dure avec moi-même, pour pouvoir non seulement suivre les cours en vidéoconférence, mais aussi rendre les devoirs et les travaux de groupe en vidéo, par téléphone, etc. Cela n’a pas toujours été évident, d’autant plus que cette forme de travail a attisé les tensions dans le groupe d’étudiants. Mais maintenant, au moins je suis au top pour toutes ces techniques d’échanges virtuels !
Même si mon corps a payé de ne pouvoir se dépenser comme d’habitude, même si j’ai ressenti de la souffrance à rester enfermée (souffrance que j’ai acceptée parce qu’à mon avis le confinement était justifié), peu à peu j’ai pris conscience de ce que la situation m’amenait de bon. Évidemment en premier lieu j’ai eu plus de temps pour travailler en vue de mon diplôme. J’ai pu découvrir, ou plutôt redécouvrir, mes talents de cuisinière-pâtissière ! Au niveau des relations avec mes colocataires, nous sommes passées d’une situation très souvent tendue à celle du dialogue, de la nécessité de se parler pour résoudre les problèmes : cela change tout. Sur le plan familial, avec tous mes parents en Afrique, le confinement a en quelque sorte transcendé l’éloignement : échanges quotidiens, pour atténuer les inquiétudes sur la santé et les conditions de vie de chacun, mais aussi échanges pour le plaisir.
Et sur le plan spirituel ? J’ai très mal vécu de ne pouvoir aller aux messes importantes (Rameaux, Vigile pascale, etc.) d’autant plus que je n’avais pour comparaison que celles de l’année dernière où j’étais au Burkina Faso, au milieu des miens. Quelle différence avec ces messes de 2020, seule dans ma chambre, pour moi qui aime tant aller à la célébration de l’eucharistie et communier ! Bien sûr, il n’y a pas que de la souffrance : j’ai découvert les messes du pape, celle de Lourdes et d’autres ; et je suis arrivée à me raisonner : tout le monde vit la même chose ! C’était bien, mais c’était différent. Alors au début j’ai beaucoup prié, tous les jours ; j’ai suivi des messes tous les jours aussi, parfois plusieurs fois par jour. Et puis le temps passant, de moins en moins.
Je me suis demandé à un moment s’il était vraiment nécessaire d’aller à la messe, de fréquenter l’église. Parce que tout était disponible, après tout. Mais finalement mon sentiment le plus profond est que ce qui m’a manqué est la communion d’une part, la présence des autres d’autre part.
Alors maintenant je retrouve le plaisir de « respirer », de pouvoir rendre visite, de me rendre à la messe. Pourtant, cela ne m’empêche pas de rester inquiète, donc prudente. Il m’est difficile de reprendre mes habitudes d’avant, car le virus traîne toujours. Et de la même manière que j’étais en colère, pendant le confinement, de constater combien certains, dans mon quartier en particulier, ne respectaient absolument pas les consignes, je reste agacée maintenant par ceux qui refusent par exemple de porter un masque en public. Ma crainte est que leur irresponsabilité ait des conséquences sur la santé de tous, y compris de la mienne.
Je m’inquiète pour les jours à venir, parce que j’ai peur de perdre moi aussi les gestes de prudence… »
R.P. – « Dans la pandémie, tout a commencé par l’envie de continuer à vivre comme avant mais en moi rien n’était plus comme avant. Je venais de recevoir une preuve absolue de la fragilité de l’humanité à laquelle j’appartenais et je sentais pour elle une telle compassion que le besoin de prier s’est imposé sans question ni retard. J’avais envie que la vie triomphe, celle qui nous permet de respirer, sourire et aimer. Comme Abraham qui conduit son fils au supplice en tremblant et espérant dans le même mouvement, je me suis dit que ces hommes faits à l’image de Dieu ne pouvaient pas mourir sans comprendre et donc désespérés. Mourir est notre lot mais tant de siècles de souffrances assumées dans l’incertitude, tant d’injustices et de guerres aveugles, inutiles, d’épidémies dévastatrices recommencées cela devenait trop […]
J’ai retrouvé le chapelet de la neuvaine du pèlerinage des mères de Colombes à Vézelay en juin 2019. J’ai prié face au Père car je sais depuis ce pèlerinage qu’il est un Père aimant.
A Marie j’ai confié mes deux fils qui vont fonder leur famille et j’ai demandé d’augmenter en eux et en tous les hommes la force de l’amour qui permet de tout affronter avec espoir. J’étais stupéfaite d’entrer dans l’imploration où je n’avais jamais osé aller. […]
Ma mère de 99 ans est dans un hôpital long séjour qui n’a pas encore repris les visites des familles. Je l’ai au téléphone et aussi je peux la voir par Skype sur mon ordinateur même si cela la déconcerte plutôt. Au milieu de cette crise de la Covid-19 d’autres maladies persistent, arrachent la joie. Mon beau-père va se faire opérer à nouveau d’un cancer de la gorge. J’ai prié pour lui et d’autres malades qui comptent sur les prières multipliées. J’ai mis avec joie une bougie sur la fenêtre le jour de l’Annonciation. […] La communication régulière avec la Paroisse m’a beaucoup aidée. Restée reliée à d’autres paroissiens et aux retransmissions des messes, je me suis sentie en phase avec d’autres fidèles et j’attends avec espérance la fin de ce cauchemar […]. »
S.C. – « Ma raison d’espérer – Dès que j’ai cessé de regretter ce que j’avais perdu pour me mettre à examiner ce qui me restait, je découvrais de grandes richesses dans ma vie. Il y avait avant toute chose et comme le plus grand des cadeaux cette acceptation de la vie elle-même. Un départ manqué peut parfois laisser d’autres chances. »
D.L. – « Le confinement, un temps d’épreuves qui m’a conduit à réfléchir à ma manière de vivre, de passer beaucoup de temps au téléphone auprès de personnes seules, d’être patiente, de prier les uns pour les autres, pour le monde, pour les malades qui luttent pour guérir, pour ceux qui se donnent pour les soigner, pour tous ceux qui travaillent pour que nous puissions vivre chez nous […]. »

M.E. – « Le confinement en raison de la pandémie a déclenché une ambiance anxiogène dans le monde entier et fait naître en moi, dans mon vécu quotidien, […] une sensibilité profondément négative centrée sur moi, déroutante qui portait atteinte à mes repères, mes habitudes de vie, mon vécu relationnel, autrement dit, à tout ce qui jusque-là donnait sens à ma vie humaine et à mon engagement chrétien. La brutalité de cet évènement mortifère m’a plongé dans l’inquiétude, l’angoisse, la peur, le manque, dont l’isolement aggravait la situation ! Le ressenti exprimé autour de moi, au téléphone, était semblable au mien, comment sortir de cette impasse ? La remise en question m’a ouverte à un premier regard positif :
1. De cet évènement qu’est-ce que j’en fais ?
2. Comment vivre dans la durée ce chemin d’appauvrissement, à partir des ruptures, des incertitudes face à la mort ?
La prière quotidienne, prolongée en raison du temps libre, m’a conduite à un approfondissement de la parole de Dieu prévue pour chaque jour, nourriture importante en l’absence du Sacrement de l’Eucharistie. Dans ces temps forts de réflexion et de prières où se reçoit ce qui sera donné dans l’action, j’ai entendu deux mots :
- Accueillir l’événement (le réel) aujourd’hui.
- Consentir à ce que je n’ai pas choisi de vivre. Autrement dit choisir et non subir !
A l’approche du mystère pascal, le Vendredi Saint, un regard contemplatif a capté mon attirance sur le Christ avançant librement sur le chemin qui le conduisait à la mort, au don de sa vie pour le salut des hommes. A ce moment précis la foi m’offrait de regarder cette épreuve avec un autre regard. Elle m’offrait de comprendre et de croire qu’à certaines heures sombres de notre vie, la grâce prend le relais pour vivre nos fragilités humaines dans une démarche dépouillée, traversée par la logique du grain de blé qui meurt pour donner la vie, qui meurt pour naître à une autre vie ! […] A cette étape de la prière, j’ai profondément rejoint tant de personnes décédées de la Covid-19, particulièrement dans les EHPADs dans leur dramatique passage de la mort. »

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